Titulaire d’une maîtrise sur le théâtre élisabéthain, Stéphanie Hochet a enseigné le français en Angleterre et l’anglais en France. Depuis Moutarde douce, son premier roman paru chez Robert Laffont en 2001, Stéphanie Hochet maintient un grand écart surprenant entre la parfaite sobriété de son style et la démesure effrayante des sujets qu’elle aborde. Haine, manipulation, harcèlement, domination, sadisme sont mis en scène dans ses livres avec ce qu’il faut de distance, de retenue et de précision lexicale pour les rendre plus effrayants encore.
Dans ce nouveau roman, elle se penche sur un cas de psychologie recensé par les spécialistes pour nous en restituer pleinement la dimension vécue.
Je m’appelle Karl Vogel, j’ai quinze ans et je suis atteint d’un cancer du cerveau. Ma mère m’a conduit à l’hôpital avec la tête d’une femme qui va perdre son fils. Je ne savais pas où j’allais trouver la force de lui donner tort.
Entre deux séances de chimiothérapie, j’ai commencé à m’intéresser à l’athlétisme. La perfection des corps, la santé triomphante et glorieuse avaient naturellement tout pour me plaire. Et j’ai rapidement compris que cette perfection n’était pas le simple fruit du hasard, mais le résultat d’un travail acharné. A cet égard, les champions du IIIème Reich m’ont particulièrement aidé. La rigueur et l’intransigeance que leur avait communiquées l’idéologie nazie leur donnait quelque chose de supérieur. Perfection physique allait de pair avec
perfection raciale.
Dès lors, j’ai décidé de devenir le führer de mon corps. Ma rage de guérir avait engendré ma volonté de domination. Mais celle-ci n’allait pas se limiter à mon organisme malade.

Parution le 22/08/07
Prix : 13 €
Code Hachette : 8028334
Code EAN : 9782213633954