UN HÉRITAGE EMBLÉMATIQUE

En plus de 170 ans, les maisons d’édition qui forment aujourd’hui le groupe Hachette Livre ont publié de nombreux chefs-d’œuvre. Quelques-uns d’entre eux ont marqué l’histoire de l’édition mondiale par le scandale qu’ils ont provoqué, le succès qu’ils ont remporté, ou parce qu’ils ont marqué un tournant dans l’histoire des idées ou dans la façon dont l’homme raconte et se raconte. Ils restent un modèle et une référence pour le Groupe, et rappellent à ses collaborateurs d’aujourd’hui et de demain qu’ils doivent être dignes de cet héritage exceptionnel et le perpétuer.

Gustave Flaubert,

Calmann-Lévy

Madame Bovary

Avec ce livre « parfaitement impersonnel », selon Charles-Augustin Sainte-Beuve, Gustave Flaubert invente le roman « moderne ». Fruit de cinq années de travail, Madame Bovary raconte les illusions romantiques et les frustrations d’une femme qui ne parvient pas à s’extraire de sa condition d’épouse de notable de province. Publiée sous forme de feuilleton en 1856, cette « poésie de l’adultère » (Ernest Pinard) fait scandale. Jugé pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs », Flaubert est finalement acquitté. Grand succès de librairie, Madame Bovary sera mis à l’écart par les vagues symbolistes et naturalistes avant d’être universellement consacré au XXe siècle.

La Comtesse de Ségur,

Hachette Jeunesse

Les Petites Filles modèles

Deuxième volet de La trilogie de Fleurville, après Les Malheurs de Sophie et avant Les Vacances, Les Petites Filles modèles est publié en 1858. La Comtesse de Ségur y décrit les relations de trois fillettes, Camille, Madeleine et Marguerite, dont les certitudes se retrouvent ébranlées par l’arrivée d’une quatrième, Sophie. Réflexion sur le bien et le mal, ce roman est aussi l’un des tout premiers dont l’héroïne est une petite fille, avant Cosette (1862), de Victor Hugo et Alice (1865), de Lewis Carroll.

Charles Darwin,

John Murray

On the Origin of Species

Charles Darwin commence à noter ses intuitions sur l’évolution dès 1837, à son retour d’un voyage en Amérique du Sud, en Australie et en Afrique. Après vingt ans d’observations, de recherches et de productions théoriques, pressé par un essai concurrent, il condense en un court volume le grand manuscrit qu’il projette d’écrire. C’est ainsi que paraît, en 1859, le livre de la rupture entre la science et la religion : On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life (L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la Préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie). La polémique sera immense, tout comme le succès et la postérité de l’ouvrage.

Pierre Larousse,

Larousse

Grand Dictionnaire universel

Avec le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle en 17 volumes, Pierre Larousse invente le dictionnaire encyclopédique. Cet ouvrage, rédigé en large partie par lui-même durant les onze dernières années de sa vie, mêle pour la première fois un dictionnaire de la langue française et un dictionnaire des noms propres, avec de nombreux et longs développements encyclopédiques. Le premier fascicule paraît en 1863. Pierre Larousse meurt en 1875, avant que ne paraissent les derniers volumes.

Colette,

Fayard

Chéri

La rédaction du texte de Chéri, qui décrit la relation d’une courtisane de 50 ans avec son jeune amant, remonte à 1912, bien avant la liaison que Colette a entretenue avec Bertrand, le fils de son mari, Henry de Jouvenel. Le roman ne paraît qu’en 1920. Les désillusions de la séduction, l’analyse subtile d’une âme, ainsi que la peinture ironique du demi-monde parisien font de Chéri une des œuvres majeures de Colette.

Raymond Radiguet,

Grasset

Le Diable au corps

En partie autobiographique, Le Diable au corps décrit la Grande Guerre vue par un adolescent précoce qui vit une relation sensuelle avec la femme d’un soldat parti au front. Grasset ne s’y trompe pas et prend le risque de heurter l’opinion en publiant cette œuvre en 1923, dans une France qui pleure ses morts et érige le sacrifice patriotique en valeur suprême. Le décès de Raymond Radiguet, dû à la fièvre typhoïde, la même année, alors qu’il a vingt ans, ajoute à la dimension mythique de l’auteur.

Jean de Brunhoff,

Hachette Jeunesse

Histoire de Babar, le petit éléphant

L’album Histoire de Babar, le petit éléphant de Jean de Brunhoff paraît en 1931 et connaît un succès immédiat en France. Un éditeur américain décide de l’éditer aux États-Unis, où le livre connaît le même succès. Jusqu’à sa mort, en 1937, Jean de Brunhoff continuera de produire de nouvelles aventures de Babar. Depuis 1946, son fils, Laurent de Brunhoff, poursuit son œuvre.

Georges Simenon,

Fayard

M. Gallet, décédé

Le commissaire Maigret, inventé par Georges Simenon, se distingue des autres détectives tant par ses méthodes d’investigation que par son caractère. M. Gallet, décédé est le premier titre dans lequel est apparu ce personnage calme et secret, aimant « respirer la rue ». Maigret est le héros compréhensif et solitaire de 75 romans policiers et de 28 nouvelles, publiés entre 1931 et 1972. Georges Simenon fut adoubé par Mauriac, Gide et Céline, sans doute parce que, au-delà du genre – policier – dans lequel ils s’inscrivaient, ses romans traitaient de la destinée humaine.

Enid Blyton,

Hodder & Stoughton

The Famous Five

The Famous Five (Le Club des cinq) raconte les aventures d’un groupe de quatre enfants détectives et de leur chien. Le premier titre, Five on a Treasure Island (Le Club des cinq et le trésor de l’île), est publié en 1942. Cette série comptera 21 titres signés de l’auteur anglaise, Enid Blyton. À sa mort, en 1968, François, Mick, Annie, Claude et Dagobert (en anglais, Julian, Richard, Ann, Georgina et Timmy) poursuivront leurs aventures qui seront adoptées par des générations d’enfants. La romancière Claude Voilier donnera à la série 24 nouveaux épisodes. Pour la première fois depuis 1985, un nouveau titre, La Grande Énigme du Club des cinq, est paru en 2009.

Stephenie Meyer,

Little, Brown Books for Young Readers

Twilight

Cette saga du désir platonique décrit la relation amoureuse qu’entretient Bella Swan avec le vampire Edward Cullen. Son auteure, Stephenie Meyer, une mère de famille américaine, raconte avoir eu l’idée de Twilight en 2003, lors d’un rêve. À son réveil, et alors qu’elle n’avait jamais écrit, la jeune femme se met au travail et en quelques mois transpose son rêve en roman. La saga se décline en cinq tomes : Twilight (Fascination) (2005), New Moon (Tentation) (2006), Eclipse (Hésitation) (2007) et Breaking Dawn (Révélation) (2008) et The Short Second Life of Bree Tanner (L’Appel du sang, La Seconde Vie de Bree Tanner) (2010). Elle est plébiscitée par les adolescents et les jeunes adultes au-delà des frontières, ce qui a fait de Stephenie Meyer l’un des trois auteurs qui sont sortis de l’anonymat pour devenir des célébrités mondiales en l’espace de quelques mois (les deux autres étant J.K. Rowling et Dan Brown). Avec plus de 155 millions de livres vendus dans le monde en plus de 49 langues, Twilight s’est imposé comme le best-seller mondial des années 2000.

J. D. Salinger,

Little, Brown and Company

The Catcher in the Rye

C’est en 1946 que J.-D. Salinger (1919-2010) commence à éditer des nouvelles dans le magazine américain The New Yorker. Cinq ans plus tard, il publie son premier roman, The Catcher in the Rye (L’Attrape-Cœurs), qui raconte trois jours de la vie d’un garçon de 16 ans à New York. Depuis, ce livre n’a jamais cessé d’être publié et de captiver des générations de lecteurs à travers le monde. Mais il a aussi souvent fait partie des listes noires des livres interdits et « a toujours été l’une des cibles favorites des censeurs depuis sa publication », selon l’Association des bibliothèques américaines. J.-D. Salinger a également écrit Nine Stories (Nouvelles), Franny and Zooey (Franny et Zooey), Raise High the Roof Beam, Carpenters (Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers) et Seymour - An Introduction (Seymour, une introduction).

John le Carré,

Gollancz

The Spy who came in from the cold

À sa parution en 1963, en pleine guerre froide, le livre de John Le Carré est une bombe politique mais surtout un événement littéraire. Cette histoire, à travers laquelle le grand public découvre les méthodes des services secrets occidentaux, donne au roman d’espionnage ses lettres de noblesse. À la différence de James Bond, créé dix ans plus tôt par Ian Fleming, l’espion de Le Carré vit dans un monde réaliste où le Bien ne triomphe pas forcément. The Spy Who Came in from the Cold (L’Espion qui venait du froid) est élu en 2006 meilleur livre d’espionnage de tous les temps par le magazine américain Publishers Weekly.

PAGE INACCESSIBLE

Cette page est inaccessible depuis un mobile

RETOUR À L'ACCUEIL